
M’étant promené sur le site internet de la mairie d’Ailhon, j’ai lu qu’un argentin avait la nostalgie de ce superbe village ardéchois.
Je le comprends car je me trouve dans une situation assez similaire.
Je suis un châtaignier né à Ailhon vers 1972 et exilé presqu’aussitôt dans la banlieue parisienne, à Levallois Perret exactement.
Là, j’ai vécu jusqu’à l’âge de cinq ans dans un petit pot, sur un balcon. Les conditions n’étant pas idéales je n’ai atteint qu’une taille d’environ vingt centimètres.
On m’a alors installé dans un jardin, pas trés loin de Versailles, où je me suis bien plu. J’ai grandi et mesure maintenant, à presque quarante ans, une vingtaine de mètres de haut.
Chaque année je produis une quantité honnête de châtaignes.
Je suis trés heureux mais je dois avouer que, moi aussi, j’ai parfois la nostalgie d’Ailhon, mon village natal.
Tout d’abord, ne soit pas triste car ta vie mérite mieux que tristesse et désolation !
En effet, tes débuts ne furent pas faciles ; déraciné de ton son natal, par le rédacteur, puis transporté et planté dans un pot de terre, sur un balcon levalloisien ( pas celui du néolithique inférieur mais celui De Balkany, mari et femme ).
Pourtant, tu contribuas à l’éveil à la nature de deux charmants bambins, Valérie et François, dont tu sus garder pour toi les secrets, grands et petits, qu’ils te confièrent.
Tu m’as dit avoir gardé le souvenir ému de ces moments où ils venaient te saluer et caresser tes feuilles, en pensant à leurs souvenirs de vacances à Ailhon, chez l’oncle Louis.
Enfin, tu peux tirer gloire de ta condition de provincial, issu de notre Province profonde (pas d’aéroport, pas de train) exilé dans cette terre aristocratique, Versaillaise où, contre tout et tous, tu as su grandir et rayonner à ce royal soleil.
En quelque sorte, un Clémenceau de la forêt, un Churchil de la grisaille, un De Gaulle des jardins et parcs.
Longue vie à toi !
Un internaute levalloisien ami d’Ailhon
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